Saturation

sad

Hello à tous,

Aujourd’hui je me sens mal. Oui, bien sûr j’ai vu hier soir les informations sur la Turquie. Je les ai lues d’un peu plus près encore, parce-que j’étais sensée aller à Istamboul cette semaine, mais je n’ai pas pu me libérer. Je me suis rappelée me « consoler » moralement en me disant que de toutes façons ça n’était probablement pas la meilleure période. Aujourd’hui je suis bien triste de constater qu’effectivement, ça ne l’était pas.

J’envoie alors un snap à ma copine Natou, du blog The crazy soprane -la fille qui trouve toujours un mot gentil et drôle- et elle me répond « J’ai l’impression d’être en pleine apocalypse ». Notre échange s’est limité à quelques phrases, mais voilà : ses mots ont résonné en moi tellement longtemps qu’il m’a été impossible de m’endormir. Elle avait mis des mots sur mon sentiment à moi.

Non, je ne veux pas dramatiser (en a t-on seulement besoin  ?) mais j’ai l’impression d’être dans un puit dont les paroies s’effondrent un peu plus tous les jours. Un chaos permanent. Ce qui est devenu notre quotidien, c’est de se lever  le matin, de savoir que quelque part dans le monde des gens se font exploser pour en tuer d’autres, de voir que notre gouvernement bafoue nos droits avec plus de violence chaque jour, voir qu’il devient normal d’attendre des heures à la gare pour le prochain train, ne pas ouvrir la fenêtre parce-que les poubelles devant chez moi accumulées depuis une semaine puent et attirent des nuages de mouches. Voir des amis se déchirer, s’insulter et s’ « unfriender » sur Facebook, que ce soit sur la question du Brexit ou des migrants. Voir que malgré la courbe du chomage, il y a desormais 10 caisses à mon Monoprix, où je dois scanner mes achats moi-même. Une seule personne surveille ces 10 caisses ; ce qui veut dire que 9 emplois sur 10 seront supprimés sur le long terme. Ca s’annonce mal pour l’inversement de cette fameuse courbe.

Voir « FUMER TUE » sur le paquet de cigarette d’une jeune fille, et me dire qu’il serait plus approprié de mettre « FUMER TUE mais si t’es assez con pour te suicider à 7 € par jour, l’Etat veut bien te surtaxer ton paquet gracieusement. You’re Welcome. » Si en plus tu pouvais faire une donation pour la recherche contre le cancer, ça serait la moindre des choses.

Voir que tout est mis en place progressivement pour détruire le système éducatif et le système de santé. Une fois détruits, il sera plus facile de les privatiser. Voir que notre traitement à long terme n’est plus remboursé par la sécurité sociale. Des médicaments que je prends tous les jours pour une durée indéterminée. Paye ou crève.

Voir que mes clients qui sont des multi-nationales pour certains, trouvent ça normal de me payer au bout de 3 mois pour faire des interêts à la banque, alors que moi je ne peux pas payer mon loyer. « Vous comprenez, chez nous, c’est comme ça. » Non ça n’est pas « comme ça ». Non tu n’es pas un robot deshumanisé qui ne peut pas comprendre que des gens ont besoin d’être payés en temps et en heure pour vivre. Et si vraiment tu ne comprends pas, laisse moi te décaler ta paye de trois mois et on en reparle ?

Voir l’Angleterre se barrer de l’Union Européenne et les pressions déjà exercées sur le pays. Voir le peuple agresser des policiers ou des policiers agresser le peuple alors qu’ils devraient se battre côte à côte. Voir que le discours de Jesse Williams aux BET est autant acclamé et relayé, mais qu’Obama n’a jamais eu le cran de faire un discour semblable.

« Les nouvelles sont mauvaises d’où qu’elles viennent » vous dirait Stephan pas-si-cher. Et pourtant je fais de mon mieux pour éviter les infos : je n’ai pas de télé, j’ai cessé de suivre les journaux sur les réseaux sociaux. Mais voilà, elles arrivent quand-même, elles font frissonner ma colonne vertébrale, elles me disent « Courbe l’échine, ca va passer ». C’est l’impression de chuter dans le noir, de fermer les yeux, et d’entendre comme dans La Haine: « Jusqu’ici tout va bien. Jusqu’ici tout va bien ». Mais tout va bien jusqu’à quand et pour qui ?

Je respire chaque instant de joie et chaque moment de paix comme on prend une grande bouffée d’air lorsqu’on est restés trop longtemps sous l’eau et que l’on veut se remplir d’air en attendant la prochaine vague qui nous submergera.

Je me sens oppressée, tout le temps. J’ai mal dans la poitrine, comme si elle devenait chaque jour un peu plus petite. J’ai mal au dos, comme si il n’en pouvait plus de porter toute la misère du monde. Comme dirait John Coffey « Je suis fatiguée, Patron. Je suis fatiguée de toute la peine et la souffrance que je sens dans le monde ».

Une parenthèse enchantée, s’il vous plaît. Une petite, jolie, et ensoleillée PUTAIN de parenthèse enchantée. Vous seriez bien aimable.

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17 Comments

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C’est sans doute la pire période que j’ai connue dans ma vie et aucun signe d’amélioration en vue

Je te comprends tout à fait!
C’est vraiment pas facile en ce moment… Les attentats à répétition depuis un an, le Brexit, le mauvais temps en plus qui en rajoute une couche.
Allez courage!
Gros bisous

Julie, Petite and So What?

Avec tout ça, j’espère que les gens avec qui on peut évoquer ces sujets vont arrêter de dire que l’on est pessimistes. Non non, juste extrêmement lucides sur le monde dans lequel on est, et qui de toute évidence, n’ira pas en s’arrangeant. Et il faut réussir à vivre (survivre ?) dans tout ce chaos qui ne fait que commencer

C’est tout a fait ça. Tu as raison sur toute la ligne. chaque jour on se dit que là c’est bon ça ne peut pas être pire et on se rend compte que ça l’est. On en a marre d’être Paris, Istanbul, Bamako, Orlando et tous les autres, on veut que cela s’arrête pour de bon.

Bonjour,
Tu exprimes bien ce que nous sommes nombreux à ressentir actuellement, cette lassitude ambiante et cette sensation que ça n’arrêtera jamais..
Mais ça s’arrêtera bien un jour, il faut garder espoir, si ce n’est pour nous, au moins pour nos enfants !
je t’envoie quelques rayons de soleil de Provence qui j’espère, adouciront ta peine

Je ne sais pas trop quoi vous dire pour vous réconforter car en ce moment j’ai une vision plutôt pessimiste du monde qui nous entoure.
Ma façon de m’évader : la lecture, ma façon de lutter : balancer tout ce que j’ai sur le coeur même quand cela peut déplaire.
La prise de conscience est en route ; je ne sais pas trop pendant combien de temps encore ce système économique aussi injuste va pouvoir tenir avant de s’effondrer. On ne peut continuer a avoir quelques nantis d’un côté et le reste de la population mondiale qui crève de faim ou survit.

Heuh… je peux voter pour toi ??? hein dis je peux ???
ps :
le pire c’est quand la petite parlote nous demande « dis papa c’est quoi un attentat ? »

Tu écris très bien ce que je ressens. Depuis quelques mois, je me dis que si j’avais 25 ans aujourd’hui, je n’aurais pas d’enfants: dans quel monde vivront les enfants d’aujourd’hui? La pollution, les lobbys qui laissent en vente des produits bourrés de toxiques pour les humains et les abeilles, le chômage ( à propos de ton monoprix, moi je ne mets plus les pieds dans un magasin que je fréquentais depuis qu’il faut scanner ses produits soit-même,), le radicalisme.

Hey Melo l’imparfaite , on respire et on se clame .c’est facile à dire , moins facile à faire . Prenons dans l’ordre .
Tu devais partir à Istanbul ,bombe
Moi un jour j’ai réservé en Egypte à taba ( regarde ou c’est Personne ne connaît ) .commentaire eten plus avis défavorable du gouvernement . J’en ai parlé à mon mari , il m a dit on y va , vacances rock and Roll , on est pas sorti de l’hôtel ….. J’en passe et des meilleures sur le fait d’être près mais vraiment très près d’attentat ou autre . Alors on s’arrête de vivre
Non si c’est l’heure , c’est l’heure mais au moins on aura vécu
Relativise profite on t’aime

    En fait mentionner que je devais aller à Istamboul n’avait pas pour but de dire que j’ai failli mourir ou je ne sais quoi. D’ailleurs je suis allée 3 fois en egypte pendant leur révolution et malgré ce que l’on voyait à la télé ça s’est très bien passé. Mon propos n’est pas « est-ce qu’il faut vivre ou pas » mon propos c’est que le monde est malade (pas un pays en particulier) et qu’il me rend malade.